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Propositions pour un véritable essor des GE, juillet 2000

Date de publication : 25 octobre 2000

A la demande de la Délégation Générale à l’emploi et la formation professionnelle (DGEFP), la Fédération Française des Groupements d’Employeurs (FFGE) a mené une étude de terrain dans cinq "départements témoins". L’objectif était de repérer les raisons du développement encore modeste de cette formule.

La FFGE relève plusieurs types de handicaps...

La culture et l’ignorance

Du côté institutionnel, tout se passe comme si on voulait ranger le Groupement d’Employeurs dans l’un des tiroirs des politiques publiques (insertion, emplois jeunes...), ce qui n’est pas sa place. La prise de conscience de la "précarité" comme phénomène est pour l’instant embryonnaire. La lutte contre la précarité en tant que mission de service public n’est pas à l’ordre du jour.

Du côté entrepreneurial, la mise en réseau n’apparaît pas comme un enjeu. Les PME, déjà peu disposées à coopérer, demeurent marquées par une vision purement comptable de la ressource humaine. Il est par conséquent d’autant plus difficile de les convaincre de l’avantage concurrentiel d’un Groupement d’Employeurs par rapport aux pratiques de flexibilité classiques.

- La FFGE propose de s’attaquer au déficit de connaissance généralisé qui touche le Groupement d’Employeurs. Dans tous les départements étudiés, le Groupement d’Employeurs est une formule qui est soit méconnue, soit mal comprise.

Le droit et l’administration

Malgré le rapport commandé par Martine Aubry à Michel Praderie, alors président de la FFGE, en décembre 1998, très peu de choses ont été faites dans ce domaine. La FFGE constate vis-à-vis des groupements d’employeurs : - que le système de responsabilité financière est trop contraignant, - que la mise en œuvre des conventions collectives est trop complexe, - que la fiscalité est injuste, - que l’interdiction d’associer les collectivités locales est incohérente, - que les démarches administratives relèvent de "l’usinage gazier"

- Afin de réduire les lourdeurs administratives, la FFGE préconise une démarche en 3 temps : - élaboration avec les Groupements d’Employeurs d’un livre blanc sur les problèmes rencontrés et les solutions appropriées, - élaboration d’un guide de bonne pratique et adoption de celui-ci par les Groupements d’Employeurs concernés, -validation des bonnes pratiques auprès des Groupements d’Employeurs (sous réserve de la résolution des problèmes figurant dans le livre blanc).

Les propositions de la FFGE

Partant de ces constats, la FFGE détaille une politique d’appui déconcentrée, seule capable de faire décoller la formule. En termes de transfert d’expériences, trois niveaux d’intervention sont dégagés :
- le développement de modules de formation généraux, qui peuvent concerner l’ensemble des acteurs ;
- le tissage de réseaux de référents territoriaux, animés par les organismes les plus fréquemment rencontrés lors de la création d’un Groupement d’Employeurs ;
- la constitution de viviers de Groupements d’Employeurs, amenés à apporter directement leur témoignage aux employeurs.

En terme d’appui méthodologique et opérationnel, la FFGE propose d’outiller les opérateurs à l’aide d’un guide méthodologique et d’un kit de démarrage.

En terme de soutien financier, la perspective d’un subventionnement structurel des Groupements d’Employeurs est clairement écartée. En revanche, deux niveaux d’aide peuvent être envisagés, voire encouragés : l’aide préalable, dite "au montage" et l’aide de lancement, dite "au démarrage".

En termes de suivi, la FFGE appelle de ses vœux la mise en place d’observatoires des Groupements d’Employeurs, à la fois pour évaluer les actions entreprises et débattre des questions inédites que la formule soulève sur un territoire. La constitution de ces observatoires s’appuierait majoritairement sur les partenaires sociaux.

Source : La lettre de la FFGE n° 9, Juillet 2000

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