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Qui sont les saisonniers ?...des essais de typologie

Date de publication : 14 mai 2008

La saisonnalité est souvent le seul point commun entre un étudiant qui fait les vendanges et un professionnel des remontées mécaniques, le salarié d’une chocolaterie et celui d’une exploitation agricole ou d’un camping... A défaut de pouvoir dresser le portrait-type du saisonnier, plusieurs typologies ont été élaborées pour comprendre qui sont les saisonniers.

1. D’après leur enracinement géographique et professionnel

En mai 1994, la DDTEFP des Hautes-Alpes lance une étude intitulée : Les saisonniers et l’emploi dans le nord du département des Hautes-Alpes. Elle retient quatre types de travailleurs saisonniers :

- les saisonniers classiques locaux : ils sont saisonniers de manière transitoire, ce sont des jeunes qui occupent des emplois peu qualifiés et qui visent un travail à l’année ;

- les extérieurs classiques : très professionnalisés, ils choisissent de faire des saisons pour développer leur expérience professionnelle, en vue d’emplois à responsabilités ;

- les extérieurs installés, ou néo-ruraux : ils ont choisi la région pour le cadre de vie, ont développé un projet dans le but de s’installer ;

- les météores : ce sont les saisonniers "types" pour le sens commun, ils viennent pour une saison de toutes les régions. Ce sont majoritairement des citadins à la recherche d’un emploi quel qu’il soit.

En janvier 2008, l’Observatoire Régional de la Santé en Rhône-Alpes publie les résultats d’une étude qualitative sur les saisonniers de la région, qu’ils travaillent dans le secteur agricole ou touristique.

Cette étude décrit plusieurs profils de saisonniers en fonction de leurs ressources propres (compétences professionnelles, enracinement local, réseau de sociabilité...) et de leur plus ou moins grande vulnérabilité :

- les saisonniers enracinés et qualifiés, à la fois bien ancrés localement et professionnellement par leur expérience et leur diplôme ;

- les saisonniers mobiles qualifiés et/ou expérimentés, qui viennent de l’extérieur avec des compétences reconnues, et dont les besoins sont liés à la mobilité (transport, logement, reconnaissance de l’ancienneté) ;

- les saisonniers enracinés peu qualifiés, qui travaillent en saison pour pouvoir « rester au pays » et qui aspirent à être considérés comme n’importe quels autres salariés (avec des préoccupations concernant l’annualisation des heures, la formation, la pénibilité...) ;

- les saisonniers mobiles peu qualifiés, qui disposent du moins de ressources mais formulent le moins de besoins. Certains d’entre eux possèdent un profil particulier, comme les jeunes en jobs d’été et les vendangeurs, les gens du voyage, routards et vagabonds (particulièrement vulnérables du fait de leur isolement).

2. D’après leur profil professionnel

En janvier 1999, le Conseil d’Etat présente ses Propositions pour l’amélioration de la situation sociale et professionnelle des travailleurs saisonniers du tourisme, mieux connues comme le rapport Anicet Le Pors.

Ce rapport distingue trois profils de saisonniers :

- les professionnels du tourisme saisonnier, qui constituent une population relativement bien intégrée socialement, qualifiée ou disposant d’une expérience professionnelle solide ; ce sont parfois des bi-saisonniers, qui peuvent vivre de leur activité saisonnière

- les pluriactifs locaux qui cumulent, à côté de leur activité touristique, une deuxième qui ne l’est pas (agricole, artisanale, commerçante, ou salariée dans une entreprise non liée au tourisme)"

- les jeunes en insertion : - des étudiants, qui n’ont en général pas vocation à s’insérer professionnellement dans le secteur touristique - des jeunes qui ont entrepris une formation dans des métiers susceptibles d’ouvrir des débouchés dans le tourisme (cuisinier, moniteur sportif, par exemple). - des jeunes qui ne disposent pas de formations préalables et qui ont accepté un emploi dans le tourisme saisonnier faute de mieux

3. D’après leur rapport à la saisonnalité

En décembre 2001, l’Association pour le développement économique de la Haute-Durance (Adecohd), publie un rapport sur l’Identification des freins et obstacles au développement des activités saisonnières. Ce rapport distingue trois types de travailleurs saisonniers, suivant leur degré d’autonomie :

- les saisonniers précaires, ou météores, subissent la saison

- les saisonniers en voie de professionnalisation tentent de s’adapter

- les saisonniers professionnels se sont très bien adaptés, il s’agit pour eux d’un choix de vie

En 2002, la Fondation de l’Abbé Pierre se penche sur les problèmes de logements rencontrés par les travailleurs saisonniers dans les annexes de son Rapport annuel sur l’état du mal-logement en France.

Ce rapport décrit plusieurs profils de saisonniers, suivant que le travail saisonnier est :

- un choix de vie : les professionnels de l’emploi sont alors des pluriactifs résidant sur le site, ou bien des migrants d’un site d’hiver à un site d’été

- un passage : il peut s’agir de jeunes qui cherchent à compléter leur formation, ou bien de jeunes en situation précaire

- un "petit boulot" pour des personnes (majoritairement des étudiants) qui cherchent un revenu d’appoint

4. D’après leurs conditions de logement

En avril 2005, l’Association Régionale pour l’Emploi et la Formation en Agriculture (AREFA) d’Aquitaine mène une étude en vue de définir une politique régionale pour l’hébergement des salariés agricoles.

L’étude distingue plusieurs types de saisonniers, confrontés à des problématiques de logement différentes :

- les saisonniers du groupe familial : conjoints, parents, ou enfants des salariés permanents ou de l’employeur, dont les problèmes de logement ne se posent qu’à la marge...

- les saisonniers locaux, qui vivent à proximité, et dont les problèmes de logement apparaissent à partir du moment où la distance qui les sépare de l’exploitation dépasse une dizaine de kilomètres (distance praticable en cyclomoteur) ;

- les étudiants, employés principalement en été, qui recourent souvent aux solutions d’hébergement en plein air, lorsqu’elles existent ;

- les gens du voyage, qui semblent de moins en moins fidélisés à une exploitation ou à des travaux particuliers, et dont les possibilités de logement sont liées à la présence ou non d’aires de stationnement « normalisée » ;

- les itinérants, qui n’ont pas de domicile fixe et vivent ponctuellement des travaux agricoles, pour qui la mise à disposition d’un hébergement est indispensable ;

- les saisonniers en « contrats OMI », introduits par l’Agence Nationale pour l’Accueil des Etrangers et des Migrations (ANAEM, anciennement OMI), qui doivent obligatoirement être logés par leur employeur.

Sources :

Les saisonniers et l’emploi dans le nord du département des Hautes-Alpes, DDTEFP 05, mai 1994

Propositions pour l’amélioration de la situation sociale et professionnelle des travailleurs saisonniers du tourisme, Rapport du Conseil d’Etat, Anicet Le Pors, janvier 1999

Etude pour l’identification des freins et obstacles au développement des activités saisonnières dans les Hautes-Alpes, étude de l’ADECOHD, réactualisée le 15 avril 2002

Les saisonniers. Des conditions de vie indignes pour les soutiers du tourisme et de l’agriculture, annexe au rapport 2002 sur l’état du mal logement en France, Fondation Abbé Pierre, mars 2003

L’hébergement des salariés agricoles, saisonniers et permanents : définition d’une politique régionale pour l’hébergement des salariés agricoles, étude de l’AREFA d’Aquitaine en collaboration avec l’URPACT Aquitaine, avril 2005

Etude régionale sur les conditions de travail, les conditions de vie et la santé des travailleurs saisonniers, Volet 1 : étude qualitative auprès des saisonniers, des employeurs et des professionnels, étude de l’ORS pour la Région Rhône-Alpes, janvier 2008

Typologies des saisonniers, mai 2008

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